Plutôt qu’un nouveau plan de relance de l’apprentissage, investir dans le service public de la formation professionnelle

Le gouvernement vient d’annoncer un plan de relance de l’apprentissage qui fait partie des mesures pour soi-disant répondre une fois de plus au chômage des jeunes largement susceptibles d’être les premières victimes de la crise économique à venir.
Comme à chaque crise économique, l’apprentissage, système de formation très dépendant de ce type de conjoncture, se retrouve en très grande difficultés. Les branches professionnelles annoncent aujourd’hui entre 20 et 40 % de baisse des contrats d’apprentissage. Le phénomène est d’autant plus inquiétant que la dernière réforme de la formation professionnelle de 2018, en modifiant le financement de l’apprentissage par un financement au contrat, fragilise l’équilibre financier des CFA. Si rien n’est fait, nombre d’entre eux pourraient fermer et mettre des milliers de jeunes à la rue sans solutions de formation.
En cette période où une nouvelle crise économique se fait de plus en plus menaçante, le gouvernement doit soutenir l’emploi et sécuriser les parcours professionnels des salarié.es, notamment en abandonnant la réforme de l’assurance chômage qui affaiblira les droits des demandeuses et demandeurs d’emploi les plus fragiles. Il doit aussi profiter de ce contexte pour investir massivement dans tous les services publics de la formation.
Pour le SNUEP-FSU, l’apprentissage ne peut pas être la solution au chômage des jeunes. Il peut même être un élément qui accentue le problème. Dans un contexte où les entreprises vont chercher à faire baisser le coût du travail pour regagner des marges de manœuvre économique, le développement de l’apprentissage risque d’avoir comme effet de repousser l’entrée des jeunes sur le marché du travail. Ainsi, les propositions du gouvernement, largement inspirées de celles du MEDEF, vont créer un effet d’aubaine pour les entreprises qui préfèreront embaucher des apprenti·es « gratuit·es » à la place de jeunes déjà formé·es qui vont devoir attendre pour entrer sur le marché du travail. L’apprentissage n’est ni la solution pour l’entrée dans l’emploi des jeunes déjà formé·es, ni la solution pour les jeunes peu ou pas qualifié·es, très éloigné·es de l’emploi qui auront statistiquement moins de chance de trouver une formation, la signature d’un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation restant plus difficile pour elles et eux.
Le gouvernement doit mettre en œuvre rapidement l’obligation de formation pour les 16-18 ans et l’éducation nationale doit se donner les moyens d’accueillir l’ensemble de ces jeunes dans les 3 voies du lycée. Il doit investir dans la formation professionnelle initiale sous statut scolaire qui permet aux jeunes l’accès à la formation et la qualification sans devoir signer un contrat de travail. Pour garantir le maintien du financement des dispositifs de formation et de suivis des jeunes qui sont ni en emploi ni en formation, il doit soutenir, avec les régions, le développement d’un service public de l’insertion et de la formation que pourraient constituer notamment les missions locales, les GRETA et l’AFPA. Cette crise va heurter de plein fouet les populations socialement les plus fragiles, l’ensemble des services publics doivent être confortés pour amortir ses conséquences et permettre à tous une formation qualifiante indispensable à une insertion professionnelle réussie.

Réouverture des lycées professionnels : la prudence reste de mise

Depuis le début de cette crise sanitaire, les revendications et interpellations du SNUEP-FSU ont toujours été guidées par la priorité donnée à la protection de la santé des personnels et des élèves. Les dernières informations révèlent des indicateurs sanitaires qui semblent s’améliorer donnant ainsi une légitimité à la décision de réouverture des lycées professionnels.
Le SNUEP-FSU restera néanmoins très vigilant sur le strict respect du protocole sur l’ensemble du territoire et appelle les collègues à contacter ses militant·es si des pressions contrevenaient au protocole ou à leurs droits.
Le SNUEP-FSU rappelle au ministre J.-M. Blanquer l’engagement sans faille des preofesseur·es de lycée professionnel au quotidien comme sur cette période particulière et, qu’au-delà des remerciements, une véritable revalorisation des salaires et des carrières doit s’engager et se concrétiser.
Le SNUEP-FSU demande qu’un bilan soit tiré de cette période de confinement et qu’un grand plan de lutte et de prévention du décrochage, adossé à des moyens humains et financiers ambitieux, soit rapidement mis en place pour permettre à tous les jeunes d’accéder à une formation diplômante et qualifiante.
Face à la crise économique qui s’annonce, la voie professionnelle scolaire doit bénéficier d’un plan d’investissement d’ampleur pour rattraper le retard accumulé par la grande majorité de nos élèves comme pour accueillir tous les jeunes victimes de rupture de contrat d’apprentissage. Dans ce cadre le SNUEP-FSU exige l’abandon de la réforme de la voie professionnelle en cours afin de redonner du temps d’enseignement disciplinaire aux jeunes et d’engager très vite une prospective sur les cartes de formation au regard des défis sociaux et écologiques.

Votre santé et votre sécurité sont prioritaires !Agir collectivement pour imposer des garanties sanitaires

Ne vous laissez pas déposséder de vos droits, de votre quotidien professionnel par des pseudos experts qui ont décidé des dates de réouverture sans même être d’accord entre eux. Ne vous laissez pas imposer des conditions de reprise en présentiel qui vous mettent en danger. Vous êtes, nous sommes, les professionnels du service public de l’Éducation Nationale. Nous connaissons nos établissements, nous savons ce que signifie concrètement y exercer tous les jours. Agissons ensemble pour imposer nos conditions de réouverture pour notre santé et notre sécurité, ainsi que celle de nos élèves.

VOS OUTILS POUR VOUS PROTÉGER ET VOUS MOBILISER

Plutôt que des dates, agir sur les conditions sanitaires et matérielles

En annonçant sa stratégie nationale de déconfinement pour l’École le 28 avril, le gouvernement ne répond pas à nos exigences de clarification en matière de protection sanitaire des personnels, des élèves et des familles. Il persiste à annoncer des dates au lieu de préciser s’il est capable ou pas de protéger l’ensemble de la communauté éducative, si les responsabilités entre le ministère et les collectivités ont été définies et sur quel document officiel devront se baser les établissements pour vérifier localement la possibilité d’ouvrir. Une fois de plus, ce sont d’autres considérations qui guident les choix politiques.
Avec le Ministre de l’Éducation nationale, il persiste dans cette orientation dangereuse de renvoyer les décisions au niveau local ce qui va de nouveau renforcer les tensions entre les équipes et les hiérarchies.
Quant aux arguments hypocrites consistant à dire que le sort des élèves en difficulté sociale leur importe, personne n’est dupe. Comment un ministre qui a supprimé des heures d’enseignement général et d’atelier dans la voie professionnelle et qui sacrifie l’éducation prioritaire peut-il être crédible vis à vis des professions dont il a la charge.
Pour le SNUEP-FSU, un retour sera possible dans les établissements seulement s’il est garanti par un protocole sanitaire national strict validé par le CHSCT ministériel. Les ouvertures sont envisageables
uniquement si les conditions sanitaires et matérielles sont réunies. Dans ce cadre, le rôle du local doit d’abord être circonscrit à donner un avis sur la conformité des établissements à respecter les préconisations et, seulement ensuite, à soumettre des propositions pour avis dans les conseils d’établissements.
Pour le SNUEP-FSU il y a urgence aussi à obtenir une communication claire du ministre sur les examens professionnels 2020 car les flous de ses déclarations entraînent là aussi des incohérences locales dans les consignes données.
Face à la circulation du virus qui risque de perdurer de longs mois et face à la crise économique qui pourrait laisser de nombreux jeunes au bord du chemin, comme les lycéen.nes professionnel.les en quête de PFMP ou celles et ceux en formation par apprentissage à la recherche de contrats de travail, le ministre doit anticiper.
Le SNUEP-FSU demande l’abrogation de la réforme de la voie professionnelle, un collectif budgétaire urgent et un grand plan d’investissement dans la voie professionnelle pour redonner du temps d’enseignement à celles et ceux qui en auront été privé.es et pour sécuriser les parcours scolaire et professionnel de tous les jeunes par l’obtention de diplômes reconnus par les conventions collectives.

Préconisations du Conseil scientifique Covid-19

Le Conseil scientifique Covid-19 vient de rendre public ses préconisations sanitaires concernant l’accueil des élèves, des parents et de tous les personnels dans les établissements scolaires.
Dans un avis daté du 20 avril, le conseil scientifique émet d’abord la proposition de ne rouvrir les établissements scolaires qu’à la rentrée de septembre 2020 puis écrit explicitement dans sa note datée du 24 avril qu’il se conforme à la décision politique du Président pour une ouverture progressive et prudente à partir du 11 mai.
Une fois de plus, certains experts scientifiques se plient aux politiques qui eux s’affranchissent une fois de plus des considérations sanitaires.
Pour le SNUEP-FSU ce sont des choix irresponsables qui mettent en danger l’ensemble de la population.
Pour le SNUEP-FSU, les établissements ne pourront rouvrir qu’à la condition de l’existence d’un protocole national strict validé par le CHSCT ministériel de l’Éducation nationale.
Pour décliner localement ce protocole, il est indispensable de dédier un temps suffisamment long aux représentant·es des personnels, des familles, des élèves et des élu·es pour en mesurer les adaptations locales.
Les établissements ne doivent pas rouvrir tant que ce protocole ne pourra être respecté.

Réouverture des établissements : les conditions sanitaires oubliées par le ministre

Le 21 avril, devant l’Assemblée nationale, le ministre J.-M. Blanquer a présenté sa doctrine pour la réouverture progressive des établissements. Une nouvelle fois, les personnels et leurs représentant·es apprennent par la presse les choix du ministre quant à l’organisation de leur travail. Le dialogue social n’est décidément pas une pratique du pouvoir, même en temps de crise.
Sans considération sanitaire, le ministre a donné un calendrier de reprise et une organisation pédagogique. Il s’abrite derrière les « autorités sanitaires » pour ne pas avoir à rentrer dans le détail des conditions matérielles qui semblent impossibles à mettre en œuvre d’ici les dates annoncées. Justifier le choix de la reprise le 11 mai
en s’appuyant sur une étude scientifique d’Allemagne relève de la malhonnêteté : la circulation du virus est bien différente en France, tout comme la capacité de notre système de santé à y faire face.
Pour le SNUEP-FSU, aucune reprise ne peut être envisagée sans avoir en amont l’assurance que les conditions sanitaires soient réunies pour une protection collective des personnels et des élèves. Cela passe par la validation d’un protocole national strict susvisé par une commission d’experts scientifiques indépendants. Et contrairement aux pratiques du ministre, les CHSCT comme les instances représentatives des personnels doivent être consultés à tous les niveaux avant toute décision d’ouverture d’établissement.
Pour les LP, SEP, SEGPA et EREA, le ministère envisage une prérentrée d’une semaine. Le SNUEP-FSU a demandé un temps pour les équipes afin de préparer ensemble l’accueil sanitaire des élèves, de définir les contenus éducatifs et pédagogiques et pour anticiper l’organisation des établissements.
Mais le SNUEP-FSU dénonce l’intention du ministre d’utiliser cette « prérentrée » pour tenter d’imposer des prétendues « bonnes pratiques » pédagogiques et des plans personnalisés pour chaque élève. Les personnels ont besoin d’un cadrage sanitaire clair et non, une fois de plus, d’injonctions pédagogiques qui risquent d’entrainer des dérives locales et des prescriptions inadaptées de la part d’équipes d’inspection ou de direction. Les personnels souhaitent travailler en toute sérénité pour répondre aux difficultés scolaires et
psychologiques des jeunes.
Le SNUEP-FSU s’interroge sur le choix de faire reprendre en premier les sections industrielles alors même que les gestes barrières et la distanciation sont plus compliqués à mettre en œuvre.
Il dénonce fermement les propos du ministre quant au cumul possible de l’enseignement en présentiel et à distance.
Pour le SNUEP-FSU, si reprise il y a, les évaluations des élèves ne pourront être que formatives. Pendant les quelques semaines de réouverture, l’urgence ne sera pas à l’évaluation certificative pour le livret scolaire ou les diplômes au risque d’accroitre encore plus les inégalités.
L’éloignement des élèves pendant le confinement et les inégalités mises en lumières ne se résoudront pas par le seul retour en classe.
Dès maintenant, des mesures urgentes sont à envisager pour la rentrée de septembre dans la voie
professionnelle, notamment un collectif budgétaire pour la création de postes dans les LP, SEP, SEGPA et EREA publics, et l’abrogation des dispositifs que sont la co-intervention et le chef-d’œuvre pour redonner du temps disciplinaire professionnel et général aux élèves.
Plutôt que des paroles, le SNUEP-FSU exige un investissement conséquent pour les élèves mais aussi pour les enseignant·es de la voie professionnelle.

La sécurité sanitaire doit guider la réouverture des établissements

Le Président de la République annonce une réouverture progressive des écoles et lycées à partir du 11 mai alors même que les tests de dépistage ne concerneront pas l’ensemble de la population. Aucun impératif ne l’obligeait à prendre une telle décision aussi rapide pour l’Éducation nationale !
Personne n’est dupe, ce ne sont pas les inégalités scolaires qui d’un coup interrogeraient un gouvernement qui n’a de cesse que d’imposer des réformes qui les ont aggravées. En réalité cette annonce répond uniquement aux exigences du MEDEF qui réclame à cor et à cris un retour des salarié·es en entreprise immédiatement au mépris de leur santé. Les enseignant·es et les élèves subissent une fois de plus les effets de choix politiques privilégiant le profit sur la santé.
Pour le SNUEP-FSU cette décision brutale contrevient à l’exigence de protection de la santé des personnels et des élèves.
Plutôt que de s’obstiner sur un retour rapide des élèves dans les établissements, le Président aurait été mieux inspiré d’évoquer la mise en œuvre d’un vaste plan de financement pour l’École publique, notamment la voie professionnelle, dès la rentrée de septembre.
Le travail en groupe réduit sera indispensable pour rattraper le retard accumulé et pour rassurer les élèves.
Certains dispositifs comme la co-intervention et le chef-d’œuvre doivent être immédiatement abrogés pour redonner du temps aux disciplines. Les PFMP doivent être repensées complètement car, au-delà de la crise économique qui va diminuer fortement les possibilités de lieu de stage, il est impératif que nos élèves soient en sécurité.
Les élèves de la voie professionnelle sont fortement éprouvés par leurs conditions de confinement et certains sont en décrochage depuis le 16 mars. Il est indispensable de clarifier précisément le rôle des enseignant·es car penser un retour même progressif avec des cours semblables à la période pré-confinement est irréel.
L’avenir de nos élèves doit enfin devenir une priorité. Il faut sécuriser leurs parcours scolaires pour éviter de les jeter dans une précarité accrue par ces crises que nous traversons.
Pour le SNUEP-FSU, avant toute perspective de retour progressif dans les établissements, il sera indispensable d’obtenir l’avis et l’accord des CHSCT, compétents pour anticiper et évaluer les risques professionnels.
La reprise pourra se faire quand les conditions sanitaires seront réunies. Chaque personnel et chaque élève devra être équipé en masques et testé, du matériel désinfectant devra être disponible dans chaque classe et les gestes barrières devront pouvoir être respectés – cette dernière condition est de fait impossible à tenir au regard du nombre d’élèves par classe.
Le SNUEP-FSU prendra ses responsabilités syndicales si les conditions sanitaires ne sont pas réunies lors des réouvertures des établissements pour protéger les personnels et les élèves.

Ministre d’hier, d’aujourd’hui, de demain… même projet et même offensive contre la voie professionnelle

Les lycées professionnels forment à des métiers qui, pour beaucoup, sont en première ligne en cette période (hôtesses de caisse, aide et service à la personne, routier, ouvrier·e de production, agent·e administratif·ve…).
La nécessité de repenser et renforcer, dès maintenant, les formations qui mènent à ces métiers est indispensable. Or, le ministre persiste à mettre en œuvre ses réformes « d’hier » sans prendre en compte la réalité présente et la crise économique à venir.
Pour preuve, le conseil supérieur de l’éducation (CSE), qui s’est tenu hier, a dû s’exprimer sur des projets conçus avant le confinement et non essentiels, qui fragiliseront toujours plus la voie professionnelle dès la rentrée 2020.
Le ministre décide de supprimer le brevet d’études professionnelles (BEP), alors que la crise sanitaire va déboucher sur une crise économique d’ampleur, le BEP sécurise pourtant le parcours scolaire et professionnel des jeunes et reste un rempart contre les sorties sans qualification. Cette suppression est une erreur majeure pour les jeunes les plus en difficulté socialement qui vont subir de plein fouet les effets de cette crise.
Le ministre décide de généraliser les familles de métiers, dispositif pourtant rejeté par les personnels car il déprofessionnalise les filières. La nécessité de conforter les savoirs professionnels est complètement ignorée.
Le ministre décide d’alourdir les épreuves du bac pro quand en parallèle il fait perdre beaucoup d’heures d’enseignement aux élèves.
L’ensemble des décisions imposées hier en CSE sont hors sols et encore plus absurdes en cette période car elles ne répondent aucunement aux vraies questions ni aux enjeux à venir !
Valoriser les métiers considérés comme essentiels doit devenir une priorité. Cela consiste en une amélioration des conditions de travail, une revalorisation salariale mais aussi un renforcement de la formation initiale.
Pour le SNUEP-FSU, la crise sanitaire que nous traversons nécessite un grand plan d’investissement notamment en postes, donc en personnels, car les jeunes que nous scolarisons auront encore plus besoin d’heures de formation et d’accompagnement pour dépasser toutes les difficultés accumulées pendant ce confinement.
Le SNUEP-FSU demande des ouvertures de classes pour accueillir, dès septembre prochain, les jeunes qui seront nombreuses et nombreux à ne pas trouver de contrat d’apprentissage ou de professionnalisation du fait des difficultés économiques accrues des petites et moyennes entreprises.
Pour le SNUEP-FSU : il est essentiel de conforter les diplômes professionnels, de redonner du temps disciplinaire pour renforcer les savoirs généraux et professionnels et d’en finir avec des dispositifs et des réformes contraires à ces objectifs légitimes.
Le SNUEP-FSU combattra toutes les offensives du ministre contre la formation professionnelle initiale des jeunes.
Pour le SNUEP-FSU la voie professionnelle a besoin de projets ambitieux et d’un investissement d’ampleur pour répondre aux enjeux sociaux, économiques et écologiques de demain.

Paris, le 8 avril 2020

Examens professionnels 2020 : l’urgence d’une clarification

Pour le SNUEP-FSU, protéger la santé des élèves et des personnels constitue l’élément prioritaire qui doit guider toute prise de décision au sein du ministère de l’Éducation nationale.
La crise sanitaire d’ampleur que nous traversons nécessite des mesures exceptionnelles qui ont conduit au confinement et aux arbitrages concernant les examens 2020. Le ministre a fait le choix de modifier les modalités d’examen pour l’obtention des diplômes professionnels :
baccalauréat, certificat d’aptitude professionnelle, diplôme national du brevet professionnel et diplôme intermédiaire.
Le peu de temps qu’il a consacré aux diplômes professionnels dans sa conférence de presse, alors même qu’ils sont les plus complexes, est révélateur du fait que sa priorité est ailleurs.
Cette nouvelle situation n’a pas pu être anticipée dans la préparation des jeunes. Elle nécessite donc des aménagements précis et nationaux pour éviter injustices et traitements inégaux.
En se limitant à la prise en compte des CCF et du livret scolaire, le ministre laisse un grand flou pour les personnels et les candidates. Il y a autant de situations que d’établissements voire d’élèves : CCF non passés ou alors en partie ou encore intégralement. Quelle part de contrôle continu ? Quelle prise en compte des PFMP ? Comment valider des permis ou certaines certifications et habilitations obligatoires pour l’obtention du diplôme ?
Le SNUEP-FSU exige une clarification rapide des modalités d’examens qui doivent être cadrées nationalement pour éviter des aménagements locaux sources de pressions sur les personnels et d’inégalités pour les jeunes.
Concernant la prise en compte de l’assiduité : ce sont des paroles. Elles ne peuvent se concrétiser en lycée professionnel puisque l’origine du décrochage scolaire, fortement amplifié par l’enseignement à distance, est bien plus complexe qu’une simple crainte d’obtenir ou pas un diplôme. Le SNUEP-FSU refuse donc toute prise en compte de l’assiduité dans l’obtention des diplômes professionnels.
Pour le SNUEP-FSU, c’est bien la pandémie qui introduit l’impossibilité de maintenir les examens. En aucun cas cette mesure exceptionnelle ne doit, à l’avenir, devenir une règle.