16 octobre 2017, Fonction Publique : un non rendez-vous salarial

Lors du rendez vous salarial de ce jour, le Ministre a confirmé nos inquiétudes: gel du point d’indice, jour de carence, report d’un an à partir de janvier 2018 de l’application des mesures issues du cycle de discussions « PPCR » : sur ce dernier point, la décision brutale de revenir sur cet accord salarial, annoncée officiellement aujourd’hui, constitue une rupture de la parole de l’Etat qui ne figurait même pas au programme du candidat Emmanuel Macron. L’ensemble des décisions confirment la dégradation prévisible du pouvoir d’achat et des carrières des fonctionnaires.

Il aura fallu maintes interventions et la mobilisation des agents pour que le ministre annonce que l’augmentation de la CSG serait strictement compensée pour les fonctionnaires, y compris pour les nouveaux recrutés, petite avancée mais qui ne correspond pas à la promesse d’Emmanuel Macron d’augmenter leur pouvoir d’achat à cette occasion. Le Ministre a aussi annoncé la reconduction de la prime dite « GIPA », maigre compensation pour les agent-es ayant subi une perte de pouvoir d’achat entre 2012 et 2016: c’est donc bien le moins !

Pour tout le reste, aucune réponse n’a été apportée à nos demandes. En outre, le Ministre renvoie aux mutuelles la responsabilité éventuelle d’une compensation du jour de carence, ce qui entérinerait cette mesure injuste pour les agent-es et reporterait in fine le coût sur les cotisations.

Le Ministre de l’Action et des Comptes Publics ne répond pas aux demandes portées par les personnels en grève et dans les manifestations le 10 octobre. La FSU a réaffirmé son opposition à cette politique salariale désastreuse qui augure bien mal de la reconnaissance des plus de 5 millions d’agents de la Fonction Publique.

Elle portera, la nécessité que les fédérations de fonctionnaires se retrouvent pour trouver les moyens, dans les suites de ce que les agents ont exprimé le 10 octobre dernier, d’obtenir une réorientation de cette politique.

Communiqué intersyndical

Les organisations syndicales de la fonction publique CGT, CFDT, FO, UNSA, FSU, Solidaires, CFTC, CGC, FAFP, se félicitent de la forte mobilisation des agent.e.s de la fonction publique.
Avec près de 400 000 manifestant.e.s sur l’ensemble du territoire et un nombre important de grévistes dans les trois versants de la FP, ce sont un mécontentement et une forte inquiétude qui se sont exprimés.
Il n’y avait pas eu une telle mobilisation depuis 2007.
Désormais, la balle est dans le camp du gouvernement.
Il doit redonner aux agent.e.s des perspectives et les moyens d’accomplir leur mission pour mieux répondre aux attentes de la population.
Il doit engager une véritable réflexion sur la question des services publics.
Le 16 octobre prochain, c’est en rappelant l’urgence des revendications portées dans l’unité lors de la manifestation du 10 octobre (augmentation du pouvoir d’achat, refus de jour de carence notamment) que nous aborderons le rendez-vous salarial.
D’ores et déjà les 9 organisations ont convenu de se revoir pour partager leurs analyses des propositions du Gouvernement.

Le vrai « bordel » est dans les cartes de formation M. le président !

En déplacement mercredi 4 octobre à Égletons en Corrèze, Emmanuel Macron est entré une nouvelle fois dans la provocation. Il a explicitement dénoncer les mobilisations de GM&S en stigmatisant les salariés qui selon lui « foutent le bordel ». Ces propos méprisants ont occulté les véritables raisons de son déplacement.

Le président se rendait à l’EATP, Ecole d’Application aux Métiers des Travaux Publics, école privée hors contrat qui pratique l’apprentissage. Il voulait mettre un coup de projecteur sur une école de l’économie de marché, utilisant une méthode de formation discriminante : l’apprentissage.

Pourtant, à 500 m de là, se trouve le lycée professionnel Caraminot, lui aussi spécialisé dans les travaux publics et dont la réputation n’est plus à faire. Pour le SNUEP-FSU une nouvelle limite est franchie : l’État privilégie le privé hors contrat au service public d’éducation !

Lors de cette visite, Emmanuel Macron et Alain Rousset, président de la région Nouvelle Aquitaine, ont échangé sur la fonderie d’Ussel qui ne parvient pas à recruter malgré des commandes effectives allant jusqu’en 2022. Aujourd’hui, seulement une quinzaine de formations en CAP et Bac Pro existent, dont trois en scolaire et aucune sur la région Nouvelle Aquitaine. En 2014, l’UIMM et la région Centre ont même réclamé la fermeture d’un Bac Pro Fonderie en Eure-et-Loir contre l’avis de la branche professionnelle (la FFF) au prétexte que les besoins en main d’œuvre n’existaient plus.

Le vrai « bordel » évoqué par Macron à l’encontre des salarié-es relève en réalité de la responsabilité des décideurs, État et Région, qui ont en charge la carte des formations. Le SNUEP-FSU dénonce le discours à charge porté par le MEDEF, Régions de France, Emmanuel Macron et son gouvernement, qui consiste à faire croire à un manque de formation des jeunes dans les métiers en tension alors que ce sont eux qui décident de fermer des filières publiques pour mieux les vendre au marché de la formation professionnelle privée.

Pour le SNUEP-FSU, permettre aux fonderies de recruter passe par des ouvertures de sections en lycée public et la revalorisation du travail de fondeur/fondeuse.

Cette « visite » du président de la République accompagné du ministre de l’Éducation nationale, augure mal, une fois encore, du sort réservé à l’enseignement professionnel public et des jeunes qu’il forme. L’exigence sociale à investir dans l’enseignement professionnel reste une nécessité pour les jeunes et pour les entreprises, n’en déplaise à certain-es. Cela passe par une diversification de l’offre de formation scolaire du CAP au BTS sur tous les territoires.

Poursuites d’études des bachelier-es professionnel-les Les premières pistes de propositions sont inacceptables !

Les premières propositions qui émergent des concertations censées « améliorer l’accès et la réussite de tous les élèves dans l’enseignement supérieur » sont inacceptables du point de vue des bachelier-es professionnel-les mais aussi du point de vue des professeur-es de lycée professionnel (PLP).

En amont des synthèses qui auront lieu la semaine prochaine, le SNUEP-FSU rappelle que les raisons majeures des difficultés actuelles des jeunes issu-es de lycée professionnel dans l’enseignement supérieur sont indubitablement la réforme du baccalauréat professionnel 3 ans, qui a diminué d’une année la formation globale des élèves, et les modalités certificatives (CCF) des diplômes professionnels qui exigent du temps pris sur l’enseignement. Or, jamais les effets de ces choix politiques ne sont questionnés.

La question des affectations par défaut à l’université n’est interrogée que sous le prisme de l’instauration d’une sélection à l’université. Les termes « prérequis » ou « contrats de réussite »   révèlent la volonté d’exclure les bachelier-es professionnel-les des bancs de la fac. A la demande d’augmenter le nombre de places dans les filières STS, les propositions vont dans le sens de destins scolaires scellés en fonction des trois voies du lycée.

Quant à l’idée émise de faire certifier des « potentialités » d’élèves ou des « engagements associatifs »… par les PLP, ou encore celle de réunir les équipes pédagogiques après les conseils de classe pour redonner un avis sur l’orientation des élèves : elles sont tout simplement irresponsables. C’est méconnaitre les conditions de travail dégradées des personnels et le fonctionnement des établissements en fin d’année scolaire où les enseignant-es sont très occupé-es par les examens, les visites de stages ou encore les réunions et les commissions d’harmonisation.

Pour le SNUEP-FSU, ces premières concertations à l’instar de la volonté affichée du ministère d’imposer le mixage des publics et des parcours, par le développement de l’apprentissage dans tous les lycées professionnels publics, sont de très mauvais signes envoyés à la profession qui augurent mal la possibilité d’améliorer les conditions de travail des PLP et d’études des élèves.

Contractuel-le-s de la fonction publique

Aujourd’hui, un agent sur cinq n’est toujours pas titulaire.

Le dispositif de la loi Sauvadet, bien que très insuffisant, n’est même pas assuré d’être prolongé.

Qu’ils soient contractuels de droit public, recrutés en CUI ou même encore fonctionnaires à temps incomplet dans le versant territorial, recrutés sur des fonctions normalement assurées par des fonctionnaires ou sur des fonctions uniquement mises en œuvre par le biais de contrat, les conditions d’emploi et de rémunération placent souvent ces agents dans une situation insupportable à laquelle la FSU ne se résout pas.

Journée de mobilisation et d’action nationale des contractuel-les

Mercredi 8 novembre 2017 à Paris à l’appel de la FSU

grève nationale et manifestations unitaires le 10 octobre

COMMUNIQUÉ
Paris, le 18 septembre 2017

Depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement, les mauvaises nouvelles se multiplient contre les agent-es de la Fonction publique et les salarié-es. Dans la Fonction publique, les premières mesures annoncées – le gel du point d’indice, le retour du jour de carence, la hausse de 1.7 % de la CSG, la remise en cause du calendrier du PPCR ne permettront aucunement d’améliorer notre pouvoir d’achat. La suppression de 120 000 postes, le projet de réforme des retraites et la baisse des dépenses publiques constituent un véritable plan de bataille contre les fonctionnaires et les missions du service public.

La journée de manifestations et de grèves du 12 septembre contre les ordonnances de la loi travail a été un succès. Les salarié-es ont exprimé leur rejet du projet de Macron qui organise la précarité et la flexibilité. Au-delà des attaques frontales contre les salarié-es, la remise en cause des conventions collectives implique la rupture du lien entre niveau de diplôme et rémunération. La volonté de remplacer les diplômes professionnels par des qualifications obtenues via des blocs de compétence entre complètement dans cette logique et fait peser de graves menaces sur l’enseignement professionnel.

Le SNUEP-FSU combat et combattra toutes les nouvelles politiques d’austérité dont les conséquences seront lourdes pour le service public. Contre les ordonnances de la loi travail qui annoncent une régression sociale sans précédent, le SNUEP-FSU, avec sa fédération, appelle à participer aux mobilisations engagées le 21 septembre prochain selon les modalités choisies localement

Le SNUEP-FSU soutient la mobilisation des retraité-es le 28 septembre, temps fort pour rappeler l’ensemble des problématiques posées par les retraité-es.

Avec la FSU et l’ensemble des organisations syndicales de la Fonction publique, le SNUEP-FSU appelle les enseignant-es et CPE de l’enseignement professionnel à la grève nationale et aux manifestations unitaires du 10 octobre, pour une véritable négociation salariale, l’augmentation de notre pouvoir d’achat, le non rétablissement du jour de carence et des moyens pour faire fonctionner les services publics.

NON AU RETOUR DU JOUR DE CARENCE ! Les malades comme boucs-émissaires !

Le jour de carence pour les arrêts maladie dans la Fonction publique fut une mesure phare du quinquennat Sarkozy. Injuste et discriminatoire et dénoncé par toutes les organisations syndicales, il avait été abandonné. Le SNUEP-FSU s’insurge contre le projet gouvernemental de le remettre en place !
Dispositif inefficace !
L’instauration d’un jour de carence n’engendre pas de recul significatif des arrêts de travail de courte de durée*. Ceux-ci sont restés globalement stables. En outre, les durées totales d’arrêts maladie étaient significativement plus courtes lorsque le délai de carence était pris en charge.
Un dispositif qui stigmatise les salarié-es de la Fonction publique
Le taux d’absentéisme pour raison de maladie des fonctionnaires et des salarié-es en CDI du secteur privé est sensiblement le même (respectivement 3,8 % et 3,6 %)*. Instaurer un jour de carence sanctionne les salarié-es malades et laisse entendre que les fonctionnaires abuseraient des arrêts maladie courts et répétitifs.
64 % des salarié-es du privé et 75 % de celles et ceux travaillant dans des entreprises de plus de 250 salarié-es bénéficient d’une prise en charge des jours de carence. L’instauration du jour de carence revient donc à donner moins de droits aux fonctionnaires qu’à la majorité des autres salarié-es.
Établir une véritable médecine du travail
Le SNUEP-FSU demande une véritable politique de prévention et de santé pour les personnels. Il réaffirme le droit à la médecine du travail, accessible à tous les personnels sur le temps de travail, et préconise une visite médicale annuelle obligatoire organisée dans chaque établissement pour l’ensemble du personnel. Cette visite permettrait notamment un éventuel diagnostic d’épuisement professionnel.
Avant tout, améliorer les conditions de travail
La baisse des arrêts maladie passe par une réelle considération du travail réalisé, par l’arrêt de la multiplication des injonctions déstabilisant les agent-es et intensifiant leur travail et par un large développement des moyens de prévention de la souffrance au travail.
* Étude de l’INSEE réalisée lorsque la journée de carence a été mise en place entre 2011 et 2012 et publiée dans le journal du Sénat en aout 2016. Étude réalisée conjointement avec la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) et de la Direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP).

L’apprentissage contre l’enseignement professionnel public Pour le SNUEP-FSU, c’est non !

Le bureau national du SNUEP-FSU dénonce avec force les projets d’Emmanuel Macron qui constituent une attaque frontale contre l’enseignement professionnel public, en voulant le placer sous la tutelle du patronat. Son objectif de faire de l’apprentissage « le cœur de l’enseignement professionnel » entraînera une dégradation majeure des conditions d’études des jeunes de la voie professionnelle et des conditions d’enseignement des professeur-es de lycée professionnel.

Le développement massif de sections d’apprentissage dans tous les lycées professionnels et l’instauration de périodes de pré-apprentissage après la 3ème visent à instaurer un quasi monopole de l’apprentissage dans la formation professionnelle initiale. Faut-il rappeler que le mixage des publics et des parcours s’est révélé inefficace pour les jeunes ? Qu’il est fortement dénoncé par le SNUEP-FSU et par l’ensemble des personnels ? Faut-il rappeler que, contrairement à ce qu’avance Emmanuel Macron, l’enseignement professionnel public garantit davantage la réussite scolaire et l’insertion professionnelle ? Qu’il est souvent le dernier rempart contre le décrochage et permet à de nombreux jeunes d’accéder à une première qualification ? Le projet d’Emmanuel Macron n’a rien d’une idée « nouvelle » : vieille antienne libérale, il constitue une régression sociale majeure, renvoyant les jeunes les moins favorisé-es sous la coupe du patronat et les privant de leur véritable droit à l’éducation.

Certaines préconisations, comme celle consistant à confier certains élèves sortant de 3ème à des organismes autres que publics ou celle annonçant la création de licences par apprentissage pour les bachelier-es professionnel-les se feront au détriment de l’intérêt des jeunes concerné-es. Vouloir exclure ainsi tout un pan de la jeunesse du service public d’éducation en renvoyant la responsabilité de leur formation uniquement aux entreprises signifie clairement un désengagement de l’État vis-à-vis de l’ensemble des familles concernées.

La menace brandie par le président de la République de supprimer la taxe d’apprentissage à tous les établissements qui ne développeraient pas de sections d’apprentissage relève du chantage et augure mal du respect du dialogue social à venir.

Le SNUEP-FSU dénonce le projet du président de la République qui vise à démanteler l’enseignement professionnel public et qui s’inspire très largement des préconisations du Medef, à l’opposé des besoins sociaux et des enjeux économiques à relever.

Le SNUEP-FSU mettra tout en œuvre pour informer les collègues et créer les mobilisations nécessaires afin de faire échec à ce projet.

Pour le SNUEP-FSU, valoriser l’enseignement professionnel public sous statut scolaire fait partie des exigences sociales.

MVT INTER 2017 – Inadmissible bug au ministère lors de la communication du projet

Cette année encore, le ministère a décidé de communiquer le projet d’affectation alors que la CAPN ne s’est pas encore tenue. Nous dénonçons toujours cette pratique qui se fait au mépris de toutes les règles du paritarisme. Nous sommes indigné-es de constater que cette année encore les projets communiqués sont très souvent faux et contredits par un 2e voire 3e sms. Et même après les correctifs du ministère, des erreurs persistent.
Cette pratique est inacceptable et indigne pour les personnels ! Sans parler de son coût, elle n’entraîne que détresse, stress et angoisse chez les candidat-es. Cela donne aussi des situations ubuesques où des collègues ne participant pas au mouvement ont reçu un message leur annonçant leur mutation ! C’est inadmissible !
Comme tous les ans, les commissaires paritaires du SNUEP-FSU continuent à travailler sur le projet jusqu’à la CAPN d’affectation dans le but d’y apporter des améliorations dans le respect des règles du mouvement.
Suite aux CAPN, tou-tes nos adhérent-es recevront le résultat exact de leur affectation.
Le résultat de la phase INTER du mouvement sera connu de façon certaine à l’issue de la CAPN. Avant sa tenue, tout ce qui peut être communiqué n’a aucun caractère définitif.
Des permanences téléphoniques seront assurées au siège national :
mercredi 1er et jeudi 2 mars de 10 h à 20 h.
vendredi 3 mars de 10 h à 13 h.
Tel : 01 45 65 02 56 – 01 45 65 02 69
Vous pouvez aussi joindre dès maintenant nos commissaires paritaires par mail : capn@snuep.fr

Rappel : la CAPN Mutation inter-académique 2017 se déroulera, selon les disciplines, du 1er au 3 mars 2017.